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Articles pour le mot-clé ‘touche’

Lisons, aimons, rions

A ce moment, un musicien bavarois à grands cheveux, que protégeait la princesse de Guermantes, salua Oriane. Celle-ci répondit par une inclinaison de tête, mais le duc, furieux de voir sa femme dire bonsoir à quelqu’un qu’il ne connaissait pas, qui avait une touche singulière, et qui, autant que M. de Guermantes croyait le savoir, avait fort mauvaise réputation, se retourna vers sa femme d’un air interrogateur et terrible, comme s’il disait: “Qu’est-ce que c’est que cet ostrogoth-là ?”. La situation de la pauvre Mme de Guermantes était déjà assez compliquée, et si le musicien eût eu un peu de pitié de cette épouse martyre, il se serait au plus vite éloigné. Mais, soit désir de ne pas rester sur l’humiliation qui venait de lui être infligé en public, au milieu des plus vieux amis du cercle du duc, desquels la présence avait peut-être bien motivé un peu sa silencieuse inclinaison, et pour montrer que c’était à bon endroit, et non sans la connaître, qu’il avait salué Mme de Guermantes, soit obéissant à l’inspiration obscure et irrésistible de la gaffe qui le poussa – dans un moment où il eût dû se fier plutôt à l’esprit – à appliquer la lettre même du protocole, le musicien s’approcha davantage de Mme de Guermantes et lui dit : “Madame de Guermantes, je voudrais solliciter l’honneur d’être présenté au duc.” Mme de Guermantes était bien malheureuse. Mais enfin, elle avait beau être une épouse trompée, elle était tout de même la duchesse de Guermantes et ne pouvait avoir l’air d’être dépouillée de son droit de présenter à son mari les gens qu’elle connaissait. “Basin, dit-elle, permettez-moi de vous présenter M. d’Herweck.”
– Je ne vous demande pas si vous irez demain chez Mme de Saint-Euverte, dit le colonel de Froberville à Mme de Guermantes pour dissiper l’impression pénible produite par la requête intempestive de M. d’Herweck. Tout Paris y sera.
Cependant, se tournant d’un seul mouvement et comme d’une seule pièce vers le musicien indiscret, le duc de Guermantes, faisant front, monumental, muet, courroucé, pareil à Jupiter tonnant, resta immobile ainsi quelques secondes, les yeux flambant de colère et d’étonnement, ses cheveux crespelés semblant sortir d’un cratère. Puis, comme dans l’emportement d’une impulsion qui seule lui permettait d’accomplir la politesse qui lui était demandée, et après avoir semblé par son attitude de défi attester toute l’assistance qu’il ne connaissait pas le musicien bavarois, croisant derrière le dos ses deux mains gantés de blanc, il se renversa en avant et asséna au musicien un salut si profond, empreint de tant de stupéfaction et de rage, si brusque, si violent, que l’artiste tremblant recula tout en s’inclinant pour ne pas recevoir un formidable coup de tête dans le ventre.

P58, Sodome et Gomorrhe, Marcel Proust

Pour commencer, je dois dire que je n’ai rien contre les handicapés. Ce sont des gens presque comme les autres. Presque car… j’en ai aucun dans mon entourage. J’ai donc un avis superficiel sur la question, avis que j’ai forgé grâce à nos bons médias privés qui, eux aussi semblent handicapés tellement le traitement de l’information qu’ils produisent est… superficiel.

Allumez la télé vers 20 heures, appuyez sur la touche « 1 » n’importe quel jour de décembre et vous serez ébloui par la magnificence des traditions champêtres de la célébration de Noël. Les centons, les guirlandes faites main made in France, la succulente truffe française versus l’infâme et vulgaire truffe chinoise, le vin fin contrefait, les jouets cancérigènes pourtant estampillés « Norme CE », tout ça je l’ai appris grâce à TF1 et ses indéboulonnables sbires. C’est un lieu commun de dire que les hommes cessent de s’entretuer du 30 novembre au 1erjanvier, rien que pour qu’on puisse penser à autre chose, c’est-à-dire à rien.

Ah qu’il fait bon dans le monde quand il est l’heure de célébrer le divin enfant. Tous les ans ! A 20 heures !

Alors il m’est venu une idée. Pourquoi ne pas étendre ce fabuleux et prometteur concept aux onze autres mois de l’année ?