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Articles pour le mot-clé ‘jour’

Tanamar?

Tu savais qu’il n’y avait pas de tarama de luxe car le tarama cher est le même que le premier prix ?

Est-ce que tut trouves normal que l’on élève des faisans dans d’énormes filets, qu’on les libère dans la forêt une quinzaine de jours avant l’ouverture de la chasse, et pan ! Ils se font shooter par des hommes qui ont payé une journée de chasse et pouvoir ramener deux faisans à la maison chacun (sur les 60 qui seront mortellement touchés). Les rescapés ne passeront de toute façon pas l’année. Ils ne mangent que les granules de l’éleveur et restent la proie des prédateurs naturels. Enfin naturels, je n’en suis plus sûr, mais en tout cas moi ça me fait gerber.

Gymnastique de la survie

Je lisais la biographie d’une célèbre danseuse de la période dorée d’Hollywood dans ces comédies musicales qui ont fait leur succès. Cette actrice disait qu’elle devait faire au moins une heure de danse par jour car pour elle, c’était comme respirer, c’était vital. La danse c’est ça, j’en ai bien l’impression. C’est de n’avoir le choix que de passer un certain temps tous les jours à pratiquer une activité d’ordre physique et artistique pour ne pas mourir. Une chose est pour sûre, je ne suis pas un danseur du tout du tout.

Je viens d’avoir une idée du génie artistique. Les danseurs dansent en rond comme pour combler un cercle matériel dans l’espace. Au mieux ils le rempliront complètement. Mais ça ne sera qu’un disque pas énorme en comparaison de la taille hypothétique de l’univers. Et bien le génie, c’est tout l’univers restant. J’ai bien du mal à comprendre en quoi ce ne serait pas si grave si on oubliait quelques traditions. Et surtout en musique ! Certains aiment la musique et écoutent la musique du passé. Moi, je n’ai que celle qui se tourne vers l’avenir. J’attache peu d’importance à ce qui s’est fait. Toute tentative de création d’une culture musicale me fait hurler. Je ne me remets finalement pas beaucoup en question sur mes choix artistiques.

Je viens enfin de comprendre pourquoi certaines personnes le détestaient. C’est parce qu’il met dans la bouche des autres ce qu’il aimerait entendre. Dans ses livres, quand il relate une discussion, il utilise de longues phrases qui dévoilent qu’elles n’ont évidemment pas été prononcées telles quelles. Il en rajoute une couche pour faire passer l’interlocuteur pour une maman wombat. Au premier regard, cette attitude dénote d’un réflexe de protection. Attaquer d’abord. C’est provoquer pour rallier les suffrages, c’est charmer pour mieux convertir. Quel charisme, ce Jean-Pierre Petit. En ces temps incertains, je m’hasarderais éventuellement sous la contrainte à estimer qu’un film sur sa vie et son message ne serait pas culturellement une erreur. J’ai de l’estime pour lui. Un soir où il ferait plus froid, je dirais qu’il serait la seule personne à avoir mon estime. Mais serait-ce le désespoir ? J’en ai bien peur…

Bon, je n’ai pas envie de me lancer dans le plagia à la mode, donc je vais faire un aparté en collant un texte de Maitre Mô qui raconte sa rencontre avec son client :

Jeune, on est enclin à attraper au vol les idées plutôt que d’attendre de se faire les siennes, et sa rencontre ne va pas m’inciter à vieillir : il ressemble à un monstre, et les faits qu’on lui reproche d’avoir commis sont justement assez monstrueux.

Après, on lui demande pourquoi il lui avait mis une cigarette dans l’oreille. “Ben parce que j’avais pas de cendrier”. Et le type il est sincère, limite de bonne foi. En tout cas, je ne crains rien de lui si, à sa sortie il tombe sur ce texte où je le traite allègrement d’abruti. Il ne maîtrise de doute évidence pas son alphabet.

Je suis fasciné ce que l’on ne peut appeler que “ces gens”, et je me demande combien ils sont, par exemple en France. Se pourrait-il que cette population constitue sur le plan politique le terrain le plus malléable, le plus perméable à la politique communication ? Et là non plus je ne crains personne.

Je ne me fais pas avoir quand un dirigeant fait un effet d’annonce car j’ai déjà désamorcé ce qui ne sont souvent que des mots. Se pourrait-il que cette population constitue les petits soldats de la grande armée de l’ombre de la république, une armée civile qui répond au doigt et à l’oeil par le truchement des discours au sens caché qui leur sont destinés ?

Celui qui s’est immolé par le feu en Tunisie s’appelle Mohamed Bouazizi. Pour protester contre une décision de justice à son désavantage, il a décidé de se mettre le feu.

Je ne serais pas capable de m’immoler. Je suis écolos, alors la combustion de l’essence, très peu pour moi. Je pense qu’un dispositif ancré dans le sol, une cabine automatique indéboulonable même par l’armée, qui génèrerait du 120 décibels non stop avec en boucle le morceau You Suffer de Napalm Death (attention c’est très intense, ça mérite vraiment de gougler) la nuit et Sacré Soleil de Bernard Ménez dans la cour de l’Elysée. Oui, j’aime beaucoup Bernard Ménez et je vous emmerde. J’estime qu’il n’a pas acquis la reconnaissance que je mérite. Le vrai expert es Ménez que je suis réussira à convaincre la plèbe, ou périr. Qu’il est difficile d’être trop en avance sur les modes…

Ca se mange un Kiwi ?

Est-ce que tu aimes la provocation ?

Bon, là d’un coup je sèche. J’ai déjà écrit un article de plus de 300 mots cet après-midi qui n’a pas grand chose à voir avec ce projet. Avec cela j’ai écrit un long mail de 249 mots à mes drilles du poker. Suis-je à la limite? Mais non ! Je formalise des idées que je ne couche pas systématiquement et forcément sur le papier. Je ne me lancerais pas sur des théories à base de partie émergée de l’iceberg, mais pour autant, je me devais de faire preuve de cette honnêteté, cet avertissement. Je n’écris pas tout. Je propose seulement le bestof, le zapping de la journée, l’essentiel du moment, le concentré de vous avez compris je n’insiste pas, le Morandini!….

As-tu un Polaroid à poster ?

Je regarde un documentaire sur les photos Polaroid. L’on trouve une certaine beauté à l’aspect partiellement aléatoire d’un cliché Polaroid : humidité, température, rendu des couleurs, développement partiel… Cela contribue à l’art photographique. Le fait que la photo ne soit pas parfaite la rend touchante. C’est l’équivalent du swing des séquenceurs électroniques musicaux. Moi la musique séquencée je n’en pense pas trop de bien, alors je me suis demandé quel serait l’équivalent de ma “conception de la musique” en photographie. Je penses que ce serait de la vidéo. Et de la vidéo, ce serait un Chien Andalou bien sûr !

T’es fan de Anvil ?

J’ai enfin compris pourquoi je ne voudrais pas réaliser un film hollywoodien, ou même “simplement” un film français. Le cinéma est quasi certainement une collection des défauts de l’homme en général, ou de personnages humanisés. Et la notion même de “happy end” constitue des leçons pour exorciser, ostraciser ces penchants. Je pense qu’elle est complètement indépendante du bien et du mal qui, quoi qu’on dise, sont deux valeurs flottantes qui évoluent, murissent et se forgent avec l’histoire (pour faire dans le pompeux).

J’ai donc enfin trouvé pourquoi j’adore les films drôles, futiles et absurdes, si possible les trois à la fois. Le rire n’est pas lié au happy end et s’échappe des standards de narration. Il n’en a que faire. Il est partout et n’a pas de limite. Et c’est ce que j’ai bien compris ! Les films étiquetés “comiques” sont en effet bien structurés par une trame narrative, mais elle est aussi utile à mettre en évidence nos faiblesses et nos “points à améliorer” que dans un porno. Un film drôlatique ne trompe personne, l’on sait tous que c’est une fiction et pas la vraie vie. Ou si c’est un reportage sur des faits réel ou une biographie, le montage et cette trame prennent le rôle normatif de nous dicter ce qui est bien et ce qui ne l’est pas ou moins.

Et puis j’ai cette satanée manie de prendre les brouillons pour des oeuvres achevées. J’ai bien du mal réviser, fignoler ce que j’écris car je considère que mon état de pensée présent est reflété par les mots que j’écris. Je pourrais me contredire un jour, mais cela n’a pas d’importance car cela me permet d’améliorer ma compréhension. Ceux qui considèrent avoir la parole juste et qu’elle est gravée dans le marbre n’emportent pas mon estime. Et je ne pense pas qu’à la politique et les professionnels gouvernentaux.

Pour faire bouger cette fâcheuse tendance, je vais me forcer à ne pas dater un billet et à l’éditer par relectures et retouches successives.

Non, ce n’est pas ce soir que je vais changer ma vie…

Tu connais Billy Bremner ? Stanley Baldwin ? Gravity Kills ?

Idées : dans un film, le vieux sage se lève, et en quittant les hommes, se retourne en prononçant un mot magnanime et juste, puis s’en va, grand, puis trébuchant de dos soudainement alors que tous le regardent partir, recherchant l’équilibre originel. il doit faire montre de toute son agilité pour rétablir et sa posture et son allure grave, solennelle, virile.

Ces valeureux hommes sont pris du doute entre rester de marbre ou éclater de rire.

Pour plus tard : je passe du sexuel au drôle comme tout le monde, et je passe du drôle au sexe. Et ça, c’est mal compris dans mon entourage proche et lointain on dirait !

Est-ce que tu peux passer du drôle au sexuel ?

Je vais me faire tatouer l’épaule gauche avec un écusson Harley Davidson.

Je viens de me rappeler d’un gag d’Alain Chabat, un faux sitcom avec des rires enregistrés, mais mal insérés et qui sonnent faux et grossiers, exactement le contraire de ce à quoi ils prétendaient servir. L’on entend plus le rire truqué que le gag qui, de toute manière, n’aurait jamais pu faire mouche par surcouches de grossiereté. Ca c’est Alain Chabat. TIens je vais lui écrire pour lui demander. Il faudra avant que je m’assure de l’exactitude de mes affirmations ! Je crois maintenant que c’était une parodie de la Roue de la Fortune avec Gérard Lanvin. Je dois avoir la cassette, je vais la retrouver et lui envoyer à la Sophie Calle et son lit.

Si j’écris un jour une fiction, je jure sur la tombe de Bernard Ménez qu’elle sera une version romancée d’histoires et intrigues émanant de ma personnalité. Je serai dans chaque oeuvre que je le veuille ou non. Cette déclaration est irrévocable ni encore moins incontestable. Enfin, je ferais ce que je pourrais, sinon je passe direct à autre chose..

Tu connais Loren Lin ?

Je regardais un clip des années 80 avec une danseuse au look tellement marqué de l’époque, et de manière si évidente, que lorsque le clip est sorti, nombre de gens l’ont trouvée depuis le premier jour ringarde et nase, ce qui a eu pour effet protecteur de sauver la planète d’un succès bidon de la même ampleur.

Des pros

Tu savais que deux actrices pornos qui vont tourner une scène lesbienne ensemble demain, et bien elles couchent ce soir ensemble pour répéter leurs rôles ?

Un jour j’ai réussi à atteindre un recul tel une avancée technologique. J’analyse les relations entre les gens bien plus finement, mais hélas le sujet a perdu un peu de son intérêt, nanti de ce nouveau savoir. Lorsque je me figure ce que serait un imbécile, je pense à ce saut évolutif que j’ai accompli et me dis que cette population n’est pas loin de le connaître.

Je me rends bien compte que ce que j’écris là montre une complexité que je n’arrive pas à réfréner. C’est peut-être relié à la puissance de calcul disponible, mais parfois j’en doute. Il est bien sûr rassurant et encourageant pour l’égo de reconnaître à peu près honnêtement que l’on en est pourvu. J’ai bien du mal à remonter à la source de ma confiance en moi. Elle semble indéfectible. Cela ne peut en être autrement. Alors, à partir de là, cette complexité apparente, elle ne me gène pas du cout au contraire. Je ne vais quand même pas me plaindre de cette richesse de tortures…

Mais il ne s’agit que d’une croyance comme une autre, quoique fortement structurante.

C’est drôle, je viens de m’apercevoir que la vidéo, quand je la pratique, j’exploite des réseaux communs dans ma recherche de l’inspiration “artistique”.

T’as organisé un dîner suprise avec ta copine en lui offrant le couvert à la cérémonie des Hots d’Or d’un coût de 1250 euros ?

Je ne vais rien découvrir. Je ne vais rien inventer. Je ne vais rien faire connaître. Je ne serai qu’une fiche d’état civil et quelques autres données administrative. Seul un travail acharné permettrait de récolter d’autres informations sur moi. Même Laetitia ignore la moitié de ce qui me passe par la tête. J’ai toujours eu besoin de me refermer sur moi-même et réfléchir. Bon c’est banal ça, mais je crois que cela constitue ce qui bloque ma créativité de démiurge, à l’art, bref à l’inspiration. Et c’est bien celle-ci que je traque en me disant que le génie artistique est l’unique de nos traits à se démarquer de notre société et de nos comportements préenregistrés et joués comme des programme de manière prévisible sans faille. Et c’est cela je pense l’âme de l’artiste : pouvoir transcender son être machiniste et trouver une porte de sortie métaphorique. J’étais d’accord pour dire que Duchamp avait tué l’art moderne car je ne pouvais concevoir la simple existence de branches artistiques inexplorées. Je suis hélas conscient que mes considérations échapent à beaucoup de présumés artistes. Je n’ai rien découvert, mais je sais qu’il reste tant à explorer. J’en ai la plus profonde des convictions. Le problème se situe au niveau de l’interface entre le moi et le non-moi. Je dois exprimer cette certitude et la partager.

T’as un pyjama ?

T’as deux pyjamas ?

Je prends conscience que je ne parle pas de mon entourage, jamais, ou tout du moins pas encore. Personne ne semble être en mesure de m’aider d’une manière ou d’une autre à aller voir au-delà de la colline. Je suis mon seul guide et personne ne m’impressionne. Je n’ai ni modèle, ni idéal.

Est-ce que tu connais celui qui a appuyé sur le bouton pour déclencher l’afichage de la photo de Sarkozy à l’écran de la télé le jour de l’élection présidentielle en 2007 ?

Ce que l’on garde pour soi sera un jour perdu à jamais. Il faut je pense que cette richesse soit utilisée et pas jetée dans l’oubli….