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Archives pour la catégorie ‘Lecture’

TUTUUUT ! FOOOTE !!!

milivude

On croit, puisqu’il en est mort, que la plaie était mortelle

Lu sur le parisien point fr une belle lapalissade sur la mort de Khadafi :

 » Les premières photos et vidéos diffusées jeudi ne permettaient pas en effet d’établir si l’ancien leader libyen était vivant ou mort au moment de sa capture, mais de nouvelles images des télévisions arabes Al-Arabiya et Al-Jazira l’ont clairement montré vivant et blessé quelques minutes avant sa mort.  « 

 

Ce n’est pas moi qui le dit :

« Un quart d’heure avant sa mort, il était encore en vie »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lapalissade

 

Bon, je suis un peu de mauvaise foi car la phrase incriminée du journal précise qu’il était « vivant et blessé », et pas seulement « vivant »…

 

La chanson de Lapalisse est absolument redoutable. Un quatrain :

Ses valets étaient soigneux
De le servir d’andouillettes,
Et n’oubliaient pas les œufs,
Surtout dans les omelettes.

Allez, je suis parti dans les liens. On saute les entrées et autres amuse-bouches.

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Plat de résistance :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lapalissade

(surtout les paroles de la chanson)

Pousse-café  et son macaron :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bushisme

Bonbon sur le plateau en argent de l’addition :

(aperçu : « La plupart de nos importations viennent de l’étranger. »)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chr%C3%A9tiennerie

(que dire…)

Rail de piment de Cayenne écrasé au pilon en pierre volcanique :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Perronisme

(« Ne pas y aller avec le dos de la main morte. », « Moi, je suis unanime là-dessus. », « J’imagine Pat que tu dois sentir que tu as une épée de Guillaume Tell suspendue au-dessus de la tête ? »)

Lisons, aimons, rions

A ce moment, un musicien bavarois à grands cheveux, que protégeait la princesse de Guermantes, salua Oriane. Celle-ci répondit par une inclinaison de tête, mais le duc, furieux de voir sa femme dire bonsoir à quelqu’un qu’il ne connaissait pas, qui avait une touche singulière, et qui, autant que M. de Guermantes croyait le savoir, avait fort mauvaise réputation, se retourna vers sa femme d’un air interrogateur et terrible, comme s’il disait: « Qu’est-ce que c’est que cet ostrogoth-là ? ». La situation de la pauvre Mme de Guermantes était déjà assez compliquée, et si le musicien eût eu un peu de pitié de cette épouse martyre, il se serait au plus vite éloigné. Mais, soit désir de ne pas rester sur l’humiliation qui venait de lui être infligé en public, au milieu des plus vieux amis du cercle du duc, desquels la présence avait peut-être bien motivé un peu sa silencieuse inclinaison, et pour montrer que c’était à bon endroit, et non sans la connaître, qu’il avait salué Mme de Guermantes, soit obéissant à l’inspiration obscure et irrésistible de la gaffe qui le poussa – dans un moment où il eût dû se fier plutôt à l’esprit – à appliquer la lettre même du protocole, le musicien s’approcha davantage de Mme de Guermantes et lui dit : « Madame de Guermantes, je voudrais solliciter l’honneur d’être présenté au duc. » Mme de Guermantes était bien malheureuse. Mais enfin, elle avait beau être une épouse trompée, elle était tout de même la duchesse de Guermantes et ne pouvait avoir l’air d’être dépouillée de son droit de présenter à son mari les gens qu’elle connaissait. « Basin, dit-elle, permettez-moi de vous présenter M. d’Herweck. »
– Je ne vous demande pas si vous irez demain chez Mme de Saint-Euverte, dit le colonel de Froberville à Mme de Guermantes pour dissiper l’impression pénible produite par la requête intempestive de M. d’Herweck. Tout Paris y sera.
Cependant, se tournant d’un seul mouvement et comme d’une seule pièce vers le musicien indiscret, le duc de Guermantes, faisant front, monumental, muet, courroucé, pareil à Jupiter tonnant, resta immobile ainsi quelques secondes, les yeux flambant de colère et d’étonnement, ses cheveux crespelés semblant sortir d’un cratère. Puis, comme dans l’emportement d’une impulsion qui seule lui permettait d’accomplir la politesse qui lui était demandée, et après avoir semblé par son attitude de défi attester toute l’assistance qu’il ne connaissait pas le musicien bavarois, croisant derrière le dos ses deux mains gantés de blanc, il se renversa en avant et asséna au musicien un salut si profond, empreint de tant de stupéfaction et de rage, si brusque, si violent, que l’artiste tremblant recula tout en s’inclinant pour ne pas recevoir un formidable coup de tête dans le ventre.

P58, Sodome et Gomorrhe, Marcel Proust